Julien Roux

Le « pervers narcissique » ou le sexe abîmé


Salò ou les 120 journées de Sodome

Dans une société fasciste basée sur le sadomasochisme. Il est normal que les egos abîmés, ou les sexes abîmés (aussi appelé PN) soient de plus en plus nombreux. La rencontre d'un sexe abîmé (pervers narcissique) est douloureuse, puisqu'elle nous rabaisse, nous abîme, nous enferme dans le masochisme. Elle met en lumière notre manque d'estime de nous-mêmes (masochisme) sur laquelle s'appuie le sadique (sexe abîmé). Mais, elle fait aussi miroir sur notre propre sadisme qui existe chez nous, de manière plus ou moins développée, selon les personnes. Cette expérience nous montre donc, que nous devons travailler sur notre propre masochisme et notre propre sadisme. Alors, il est possible de développer des rapports équilibrés, sans violence, ni domination.

Quand j’étais avec X je ne comprenais pas sa méfiance au début de notre relation. C’était la première fois, ou presque que je rencontrais ce genre de choses. Elle avait été avec, ce qu’on appelle aujourd’hui, un pervers narcissique.

Après avoir vécu avec Y une relation douloureuse (frustration, manipulation, chaud/froid, rabaissement), j’ai compris pourquoi X était sur la défensive au début. J’ai rencontré, moi aussi, ce que l’on nomme une perverse narcissique.

Je n’aime pas cette expression, car les gens ne sont pas pervers par choix, dans la très grande majorité des cas, ils le subissent eux-mêmes. Ils sont au centre d’un système de protection qui leur permet de faire face à la vie et ils n’ont pas les moyens d’en sortir, car, il est très difficile, pour eux, d’avoir un miroir honnête et réaliste de ce qu’ils font.

Bien souvent, celui qui pratique ce genre de relation n’arrive pas à lâcher prise (pouvoir), car son ego est en partie abîmé. Alors, en gardant le pouvoir, il est sûr que son ego et surtout son enfant intérieur ne seront pas touchés, puisque c’est l’autre qui est amoureux (risque). Il n’est pas concerné en profondeur par la relation, car ce serait trop dangereux pour lui (fragilité de l’enfant intérieur), du fait de son incapacité à être bousculé par l’altérité de l’autre. En fait, c’est une personne qui est dans l’incapacité d’aimer réellement.

Il lui faut garder les manettes, être sûr que tout est sous contrôle. Pour cela, il utilise la manipulation, la domination, la frustration, le rabaissement. La domination crée un lien toxique de dominateur/soumis. Le rabaissement crée une dépendance à la reconnaissance de l’autre. La frustration crée une dépendance sexuelle. Tous ces schémas relationnels enferment le développement de la relation. Il ne peut pas y avoir de rencontre avec l’autre, puisqu’il est sous contrôle, sous une cloche de verre. Or l’amour peut exister lorsque les deux personnes sont dans la sincérité, la confiance, le lâcher prise, l'accueil de l'autre.

La personne est spectateur d’une personne amoureuse. Cela n’a rien à voir avec l’amour (je donne, tu donnes et nous sommes égaux). Cette situation lui permet de consoler son enfant intérieur fragilisé et son ego abîmé. Cette relation de pouvoir (l’inverse de l’amour) lui permet de briller : je suis la plus belle, on m’admire, on me désire, je suis une princesse (sans prince).

Cela ressemble un peu à la relation du chanteur vedette qui est admiré par son fan-club... Mais, ce n’est pas de l’amour, c’est de la soumission de l’autre, de l’amour à sens unique, ce qui excitant sur le plan de l’ego qui est plein d’orgueil et pour la dopamine (la toute-puissance).

Il y a une vedette, et il y a celui qui est manipulé par la vedette. Comme il y a du froid et du chaud, celui qui est manipulé croit qu’il est dans une relation amoureuse... Le yoyo de ses sentiments (amour, haine, attirance, frustration, déception, récompense, attente) le berne quelque temps dans cette fausse histoire d’amour. Il est comme un chien-chien à qui on donne un sucre de temps en temps, pour qu’il reste bien sagement, dans la prison de la souffrance psychologique. Cette souffrance psychologique lui fait croire que c’est une histoire d’amour, alors que c’est une histoire de rapports de force.

Ce qui est dommage c’est que les gens (nombreux) qui sont dans cette situation (incapacité à aimer dans le lâcher prise et la confiance) meurtrissent les personnes avec qui elles ont des rapports amoureux. Et cela fout le bordel chez tous les autres. C’est un peu comme un mauvais virus, qui détruit la confiance entre les hommes et les femmes. Drôle d’époque... Où l’alterité n’a plus sa place.

Alors que faire ? Il faut que cette personne développe la capacité à avoir du plaisir dans de nombreux domaines. Et alors, comme l’enfant intérieur, l’animal et le créateur seront contents, la personne lâche un peu le contrôle, elle rentre dans le lâcher prise. Elle n’est plus menacée par un risque, dont il faut se protéger. Elle accède à la joie, elle accède à elle-même et peut même accéder à l’autre.

L’un des moyens d’obtenir la transformation, la transmutation est l’orgasme. Car l’orgasme permet de comprendre que le bonheur est à portée de main, et qu’il n’y a plus besoin de faire la guerre contre l’autre. L’autre est mon partenaire, mon complice.

Alors, le système naturel revient et les deux humains se donnent de l’orgasme. Il n’y a plus de domination, mais de la collaboration. Le pervers narcissique disparaît, l’égo abîmé disparaît, le sexe abîmé disparaît, il est enfin réconcilié avec son enfant intérieur, il est nettoyé, réparé par l’orgasme.

Pour obtenir l’orgasme, il faut deux choses essentielles : que celui qui reçoit soit dans le lâcher prise le plus complet (ouverture, accueil, confiance, absence de pouvoir) et que celui qui donne soit dans le don (douceur, écoute, lenteur, patience, empathie, chaleur).

Alors l’orgasme a lieu et l’enfant intérieur est réconcilié avec lui-même, réconcilié avec son propre sexe. Son sexe peut être reconnu, aimé, cajolé et avoir de grands plaisirs. La personne peut désormais, elle-même, donner à l’autre des orgasmes, puisqu’elle n’est plus en conflit avec son propre sexe. Le conflit a disparu, le sexe est réparé. La relation devient, alors, un moteur d'élévation des deux personnes, un cercle vertueux d'échange d'énergie positive.

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