Julien Roux

Le « pervers narcissique » ou l'ego abîmé


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Quand j'étais avec X je ne comprenais pas sa méfiance au début de notre relation. C'était la première fois, ou presque que je rencontrais ce genre de choses.

Après avoir vécu avec Y une relation douloureuse (frustration, manipulation, chaud/froid, rabaissement), j'ai compris pourquoi X était sur la défensive au début.

J'ai aussi compris ce que l'on nomme pervers narcissique.

Je n'aime pas cette expression, car les gens ne sont pas pervers par choix, en général, ils le subissent eux-même.

Bien souvent, celui qui pratique ce genre de relation n'arrive pas à lâcher prise (pouvoir), car son ego est en partie abîmé. Alors, en gardant le pouvoir, il est sûr que son ego et surtout son enfant intérieur ne seront pas touchés, puisque c'est l'autre qui est amoureux (risque). Il n'est pas concerné en profondeur par la relation, car ce serait trop dangereux pour lui (fragilité de l'enfant intérieur), incapacité à être bousculé par l'altérité de l'autre.

Il lui faut garder les manettes, être sûr que tout est sous contrôle. Pour cela, il utilise la manipulation, la domination, la frustration, le rabaissement. La domination crée un lien toxique de dominateur/soumis. Le rabaissement crée une dépendace à la reconnaissance de l'autre. La frustration crée une dépendance sexuelle. Tous ces schémas relationnels enferme le développement de la relation. Il ne peut pas y avoir de rencontre avec l'autre, puisqu'il est sous contrôle, sous une cloche de verre

Mais, bien souvent, il y a une contre-partie à cette relation toxique, c'est le sexe. Car là l'ego n'a plus son mot à dire et c'est l'animal qui parle. Celui-ci est capable d'avoir une relation très satisfaisante sur le plan sexuel. Ce qui fait que le désir de quitter la personne est beaucoup plus compliqué à réaliser. C'est la langouste et la matraque. Le chaud et le froid.

La personne est spectateur d'une personne amoureuse. Cela n'a rien à voir avec l'amour (je donne, tu donnes et nous sommes égaux). Cette situation lui permet de consoler son enfant intérieur fragilisé et son ego abîmé. Cette relation de pouvoir (l'inverse de l'amour) lui permet de briller : je suis la plus belle, on m'admire, on me désire, je suis une princesse (sans prince).

Cela ressemble un peu à la relation du chanteur vedette qui est admiré par son fan club... Mais, ce n'est pas de l'amour, c'est de la soumission de l'autre, de l'amour à sens unique, ce qui excitant sur le plan de l'ego qui est plein d'orgueil et sur la dopamine (la toute puissance).

Il y a une vedette, et il y a celui qui est manipulé par le vedette. Comme il y a du froid et du chaud, celui qui est manipulé croit qu'il est dans une relation amoureuse... Le yoyo de ses sentiments (amour, haine, attirance, frustration, déception, récompense, attente) le berne quelques temps dans cette fausse histoire d'amour. Il est comme un chien-chien à qui on donne la bectée de temps en temps pour qu'il reste bien sagement, dans la prison de la souffrance psychologique.

Ce qui est dommage c'est que les gens (nombreux) qui sont dans cette situation (incapacité à aimer dans le lâcher prise et la confiance) meurtissent les personnes avec qui elles ont des rapports amoureux (moi, Paul, Jacques et les autres). Et cela fout le bordel chez tous les autres. C'est un peu comme un mauvais virus qui détruit la confiance entre les hommes et les femmes. Drôle d'époque... Où l'alterité n'a plus sa place.

Alors que faire ? Développez la capacité à avoir du plaisir dans de nombreux domaine. Et alors, comme l'enfant intérieur, l'animal et le créateur seront contents, la personne lâche le contrôle, elle rentre dans le lâcher prise. Elle n'est plus menacée par un risque, dont il faut se protéger. Elle accède à la joie, elle accède à elle-même et peut même accéder à l'autre.

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