Julien Roux

mercredi 19 novembre 2014

“Pour en Finir avec Pasteur” de Éric Ancelet (1998) Marco Pietteur



Le docteur Éric Ancelet a rédigé, en 1998, un ouvrage passionnant sur les vaccins et la médecine en général, dont nous vous conseillons chaudement l'acquisition. "Pour en finir avec Pasteur" démonte, en 250 pages, plus d’un siècle de dogmes autour des vaccins et de la médecine allopathique, maintenues en place par les dirigeants religieux, scientifiques, étatiques et industriels, grâce à l'ignorance et la peur. La maladie est dans la majorité des cas le symptôme d'un conflit, un signal d'alarme que quelque chose ne va pas dans notre vie. Faire la guerre aux virus, aux microbes, aux cancers est aussi absurde que la guerre chimique qui se déroule dans notre agriculture, où les sinistres camps de concentration de l'élevage intensif des animaux.

Pour lire des extraits du livre : Extraits

dimanche 2 novembre 2014

“L'Obsolescence de l'Homme Tome II” de Günther Anders (1980) Éditions Fario (2011)



Extraits de “L'Obsolescence de l'Homme” Tome II de Günther Anders (1902-1992), publié en France par Éditions Fario en 2011.

lundi 27 octobre 2014

“La psychologie de masse du fascisme” de Wilhelm Reich (1933-1946) Payot (1999)




L’un des penseurs essentiels du 20e siècle fut Wilhem Reich, avec son ouvrage “La Psychologie de masse du fascisme”, écrit en 1933 (revu en 1946, pour l'édition américaine, traduit par la suite en France en 1970). Il comprit avant ses contemporains que le fascisme n’était qu’une loupe grossissante de l’impasse de la société industrielle, de la société des masses identiques.

Wilhelm Reich naît en Autriche le 24 mars 1897, dans l’exploitation agricole d’un couple juif aisé et désuni. Son enfance est studieuse et solitaire. Des précepteurs privés assurent son éducation. Le jeune Reich est fasciné par la nature et les phénomènes de reproduction et, très tôt, il aura ses propres cultures et élevages de petits animaux. Il a 13 ans lorsque son père le force à révéler la liaison de sa mère avec l’un des précepteurs. Elle mettra fin à ses jours peu de temps après. Il devient par la suite médecin, puis psychiatre. À Vienne, dans les années 20, Reich devient l’élève favori de Freud, dont il finira par se distancer pour aller au-delà des théories de son mentor. Là où Freud s'arrête aux névroses sexuelles de chaque individu, Reich va plus loin en analysant au niveau de la société entière, le rôle du contrôle de la sexualité dans l'asservissement des peuples.

En 1930, il émigre en Allemagne et fonde un centre public de recherche sur les conditions de vie contemporaines qui rassemblent plus de 100 000 adhérents. L'Allemagne est à l'époque en pleine révolution communiste et libertaire. Avec l'arrivée d’Hitler au pouvoir il est obligé de quitter l'Allemagne pour la Norvège, le Danemark, l'Angleterre puis les États-Unis. La Gestapo fera brûler, dès 1935, l’ensemble de ses ouvrages. À la suite d'expériences pour éliminer les cancers dus aux radiations nucléaires, la FDA (Food and Drug Admninistration) le jette en prison, où il meurt peu de temps après, en 1957. Il aura écrit plus de 30 ouvrages, dont une bonne partie est disponible en langue française. Certains en France considèrent Wilhelm Reich comme un homme d'extrême gauche, alors qu'il a fortement condamné les dérives de l'expérience soviétique. Wilhelm Reich était un défenseur de la liberté, valeur centrale dans une véritable démocratie.

La révolution libertaire des années 30 en Allemagne, dont il fût une des figures centrale, a été écrasée par les industriels allemands et américains qui ont financé la venue d’Hitler au pouvoir pour envoyer en camps tous les déviants (communistes, libertaires, alcooliques, drogués, homosexuels, romanichels, Juifs, etc.). Les libertaires de 1968 ont connu le même échec que ceux des années 30, mais sans connaître les camps de concentration, car entre-temps, la communication de masse (radio et surtout télévision) permit de transformer un projet de libération économique et sexuelle en un projet de consommateur «libre»... Mais, on commence à mieux voir quel était ce projet de libération... Ce sont, en réalité, quasiment, les mêmes cartels qu'en 1945, qui ont la liberté de vendre les mêmes produits dans le monde entier aux zombies sans culture, porcs abreuvés de sous-culture américaine. Ces cartels ont désormais toutes les cartes en mains : OMS, OMC, FMI, Banque Mondiale, Codex Alimentarius, Commission Européenne, Ordre des médecins, Ordre des pharmaciens, médias. Et pour un cartel, comme pour Rockefeller «La concurrence est un péché». On comprend mieux le point commun entre l'expérience soviétique (monopoles d'État) et le capitalisme version «trust» (monopoles privés). Le communiste, comme le dirigeant de «trust» ne veulent pas de la libre entreprise, de la liberté, de la concurrence, de la démocratie, car ils sont dangereux pour les monopoles (étatiques ou privés) aux commandes.



dimanche 26 octobre 2014

"Commentaires sur la Société du Spectacle” de Guy Debord (1988) Éditions Gérard Lebovici



Extraits de "Commentaires sur la Société du Spectacle” de Guy Debord (1988), lus par Julien Roux.

dimanche 31 août 2014

“L’État” de Bernard Charbonneau (1950) Éditions Economica (1987)



Bernard Charbonneau (1910-1996) philosophe a connu les deux guerres mondiales du XXe siècle. Il est l'auteur de nombreux ouvrages et a été un précurseur en matière de réflexion sur les conséquences de la présence de plus en plus lourde de l'industrie sur tous les secteurs de la vie humaine. Certains estiment que c'est l'un des premiers écologistes français avec Jacques Ellul. Mais ce serait peut-être un peu réducteur de limiter la portée de sa pensée à l'écologie. Bernard Charbonneau parle de la liberté, c'est cela qui assez révolutionnaire, car la liberté n'est pas un sujet fréquemment abordé.

 Ces livres ont été peu diffusés, il eut du mal à trouver des éditeurs. Ses idées ne collaient pas vraiment avec la propagande officielle et pouvaient déranger certains industriels. Quand quelqu'un propose au peuple d'être libre, on comprend que ce n'est pas forcément ce que vont diffuser les marchands de canons qui fabriquent les journaux. S'il n'y a plus d'ennemi, comment vendre des canons ?

En 1987, est publié "L'État" aux Éditions Economica. Le livre sort, alors qu'il a été écrit en 1950. Il aura donc fallu attendre 37 ans à l'auteur, pour voir cette ouvrage publié. Ce qui est assez étonnant c'est de constater que son livre, qui date de 1950, n'a pas pris une ride.

Pour lire des extraits du livre : Extraits

vendredi 29 août 2014

“La Persécution rituelle des drogués, Boucs émissaires de notre temps” de Thomas Szasz (1974) Les Éditions du Lézard (1998)



En 1974, Thomas Szasz, psychiatre américain de renommée mondiale, publia “La Persécution rituelle des Drogués, Boucs émissaires de notre temps”. Un livre passionnant qui montre bien l’emprise du cartel pharmaceutique sur la gestion des drogues autorisées (c'est-à-dire vendues en pharmacie) et des drogues interdites par le monopole de la chimie (tabac, cannabis, opium, etc.).

Pour lire des extraits du livre : Extraits

dimanche 29 juin 2014

"Français si vous saviez" de Georges Bernanos (1948) Gallimard (1961)



Georges Bernanos est sans doute l'un des plus grands auteurs du 20e siècle, non par sa production de romans, mais pour son travail d'essayiste. En 1944, il publie “La France contre les robots” qui analyse les raisons des deux guerres mondiales qui viennent de dévaster l'Europe. La principale raison de ce désastre détruisant deux générations successives fut, selon Georges Bernanos, la mécanisation de l'homme, sa transformation en complet robot. En 1961, Gallimard publiera “Français, si vous saviez” une série d'article de Bernanos publiés dans la presse de 1945 à 1948, aussi intéressants que l'ouvrage majeur de Bernanos “La France contre les robots”.

Extraits :

“Le modeste, mais ferme jugement qu’il m’arrive souvent de poser sur la France actuelle a certainement de quoi irriter les amis simplistes auxquels la thèse des deux France - une à droite une à gauche - paraît beaucoup plus rassurante et plus commode. Je ne nie pas qu’il y ait, électoralement parlant, une France de gauche et une France de droite, et j’admets volontiers que cette division, bien que sans signification réelle, puisse être encore la cause prochaine de grands maux. Mais elle ne saurait servir à rien.

Tout le monde comprend parfaitement que si, le pacte germano-russe s’étant transformé en alliance militaire pure et simple, le hasard de la guerre avait fait de l’armée russe l’armée d’occupation, remplacé la Gestapo par la Guépéou, les martyrs ne seraient pas aujourd’hui du même côté. Emmanuel d’Astier disait l’autre jour, une fois de plus, que la Résistance avait eu le cœur à gauche. Dans ces conditions, elle l’aurait eu à droite, voilà tout. Je crois d’ailleurs que ce fait n’a pas l’importance que la polémique pourrait lui prêter. Il n’y a pas deux France, au sens exact du mot, pour la raison qu’il n’y a plus une France de droite, une doctrine de droite, une conception, si j’ose dire, « droitière » de l’Histoire. Historiquement, politiquement, la France de droite n’existe plus. À l’opposé des extrémistes de gauche, il y a les modérés de gauche, et quand ces derniers passent eux aussi pour extrémistes, c’est qu’ils sont « extrêmement modérés ». Modérés à l’extrême.

En somme, tout le monde marche vers la gauche, c’est-à-dire vers une socialisation totalitaire. Il y en a qui ne tiennent pas à aller vite et, de temps en temps, marquent le pas. Mais, une telle image risque de fausser l’esprit, car, tous ses gens ne se meuvent pas, ils sont mus. Il serait plus exact de dire que, si les uns vont plus rapidement que les autres, c’est qu’ils se trouvent au milieu de la rivière, là où le courant est plus rapide, tandis que les autres glissent lentement le long des berges... Le monde moderne évolue vers la servitude totalitaire aussi sûrement qu’un fleuve va vers la mer, pour la raison, très simple, qu’un monde de mécanique doit devenir lui-même une mécanique, et une mécanique si compliquée, aux engrenages si nombreux et si délicats que la présence d’un homme libre, dans cette machinerie, paraîtra tôt ou tard aussi menaçante, qu’à l’intérieur du système solaire une planète soustraite par quelque miracle aux lois de la gravitation universelle.


“La France contre les Robots” de Georges Bernanos (1944) Robert Laffont

Le monde moderne évolue vers le totalitarisme, et il traîne après lui des troupeaux d’hommes qui croient la conduire, alors qu’il les emporte. Les hommes ont fabriqué les machines, c’est entendu, ils sont donc, en un sens, les auteurs de la civilisation des machines. Mais, c’est par esprit de lucre et de spéculation qu’ils se sont mis à multiplier les machines, beaucoup plus que par la passion du confort. Car la passion du confort ne leur est nullement naturelle, comme on leur fait croire. Elle n’est entretenue en eux que par un immense effort, chaque jour plus gigantesque, de propagande et de publicité. C’est bien pourquoi, dès que se taisent un seul moment les voix innombrables qui jour et nuit, portées par les ondes, travaillent leur conscient et leur subconscient, ils ne rêvent que de camping au bord des fleuves, de nuits passées sous la tente, de forêts vierges ou de glaciers vertigineux, bleus comme le ciel. Ils ont multiplié les machines, et la multiplication des machines pose chaque jour de nouveaux problèmes plus difficiles à résoudre, dont chacun marque une étape vers le paradis exécrable où la liberté ne sera plus qu’une anomalie monstrueuse, un phénomène pathologique. Où la liberté d’un seul individu devra être considérée comme une menace redoutable pour la collectivité tout entière.

[...]

Peut-être serait-il possible d’aller encore plus profond, de découvrir par exemple, que ce qui nous a le plus dangereusement déçus n’était pas le fait brutal de notre défaite de 1940, mais que cette défaite ait eu pour nous le sens fatal, augural, d’une décadence autrement grave, autrement irréparable que la décadence militaire. La machinerie nous a pris notre terre, la machinerie nous l’a rendu, nous avons été conquis par la machinerie, libérés par la machinerie, tout se passe comme si nous étions dans le monde de la machinerie une chose inerte, un poids mort.

Si cette civilisation est valable, sommes-nous condamnés à rester ainsi à sa traîne, car aucun homme doué de bon sens ne saurait croire que notre retard puisse se rattraper, que nous serons capables de rivaliser demain avec d’énormes constructions économiques usurpant le nom de nations et auprès desquelles le Grand Reich lui-même paraîtra sans doute un jour singulièrement humain  ?



Cette idée d’avoir ainsi perdu à jamais son rôle historique de peuple-guide, de peuple-maître, est insupportable à mon pays. Je ne prétends pas qu’elle soit en lui, pour parler comme Descartes, claire et distincte, mais elle entre d’autant plus avant qu’il évite de se la formuler, elle remontera tout à coup des profondeurs, elle le poussera aux plus sanglantes expériences, et peut-être jusqu’au suicide.

Le moment est donc venu, ou jamais, de le forcer à se poser la question  : «Cette civilisation est-elle plus valable que moi  ? Est-elle seulement valable  ? D’elle ou de moi qui est condamné à périr. On dit qu’elle se rend maîtresse des forces de la nature. Mais n’est-ce pas elle, au contraire, qui trahit l’homme au profit de ces forces aveugles qu’elle déchaîne et bientôt ne contrôlera plus  ? La cause de mes déceptions et de mes humiliations au cours de ces dernières années n’est-elle pas dans le refus que je lui oppose presque sans le savoir, moi le premier. » Je sais bien que de tels propos seront mal compris maintenant. Il nous suffit qu’ils aillent au cerveau et au cœur de quelques êtres privilégiés qui ont, sans le savoir eux aussi peut-être, le mystérieux dépôt de l’Espérance française.”

1947

vendredi 30 mai 2014

Les Champs et les Près de Pierre Joigneaux (1888)



Nous avons de l’or sous les pieds, le fumier, et nous le jetons par la fenêtre… Les Éditions Progress republient l'ouvrage "Les Champs et les Près” de Pierre Joigneaux. Dans ce livre, Pierre Joigneaux (1815-1892) explique, en détail, le rôle capital du fumier pour le cultivateur. La terre a, en effet, besoin d’être richement nourrie si l’on veut qu’elle soit productive. Pierre Joigneaux est l’homme qui réussit à faire voter, le 16 décembre 1873, une loi à l’Assemblée Nationale afin de transformer le Potager de Versailles en École nationale d’horticulture.

Pierre Joigneaux est très bien placé pour parler de ce sujet essentiel puisqu’il fût l’un des plus grands agronomes français du xixe siècle, ayant à son actif plus d’une dizaine d’ouvrages pratiques et des centaines d’articles dans la presse sur la question de l’agriculture.

Pierre Joigneaux était un homme épris de liberté qui dût fuir la France, du fait de son opposition au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. Persuadé que le savoir était la question centrale pour la promotion de la démocratie, il passa sa vie entière à transmettre le savoir des anciens aux paysans de son époque.

Si le mot démocratie, le pouvoir aux peuples, possède encore un sens et peut-être, pour les plus utopistes, un avenir, il est intéressant de se poser la question de la façon de pouvoir atteindre cet objectif. L’autonomie est, semble-t-il, une bonne façon de rompre les chaînes qui nous asservissent. En effet, nous sommes comme des pantins manipulés par des fils, des liens tenus par nos dirigeants. Ces liens de dépendance sont nombreux : chômage, maladie, logement, information, formation, déplacement, retraite. Pour que le pantin se libère de celui qui le manipule, il doit couper ses fils. Comme un enfant se sépare de ses parents grâce à son autonomie, l’humain se libérera de son père étatique par l’autonomie. Ce qui a manqué au peuple contre les rois, ou les industriels c’est l’autonomie. L’autonomie de penser, de manger, de se soigner, de s’éduquer, de se déplacer.

Dans une époque qui, grâce à la propagande, peut faire avaler n’importe quelle théorie fumeuse à la masse, même celle qui va à l’encontre de ses propres intérêts, l’autonomie est une urgence. Urgence, car nous disposons presque encore de la capacité à vivre en autonomie. Mais c’est de moins en moins le cas. Tout est fait pour détruire les capacités de l’humain à être indépendant du système techno-scientiste : radars automatiques, caméra de vidéo surveillance, puçage électronique, OGM, etc. Les prévisions pessimistes de Georges Orwell s’accomplissent devant nous. Il avait, en effet, bien compris que le totalitarisme nazi et soviétique était de très mauvais augure pour la suite du développement de l’humanité. Car désormais la technologie pouvait s’emparer des cerveaux humains de manière radicale (radio, télévision, ordinateur). Et le mot liberté semble devoir devenir une abstraction totalement étrangère à l’humain. De quelle liberté peut disposer un robot programmé par l’école, la télévision et l’usine ? Nous pouvons bien sûr accepter un monde sans liberté, comme une sorte de fatalité qui se serait abattue sur nous. D’ailleurs un monde sans liberté peut être aussi un choix pour l’humanité, le choix de l’impasse. Mais c’est finalement le choix de ne pas vivre. De vivre en réalité une vie de mort-vivant. Car ce qui fait notre spécificité d’humain c’est sans doute cette capacité de choisir. Un humain peut décider de s’habiller en clown ou de boire un whisky. Un chat, malgré ses très nombreuses qualités, ne peut pas faire ce genre de chose. Nous priver de cette capacité de choix, serait donc une manière de rétrograder à la position de l’animal. Mais en réalité, nous serions beaucoup plus bas que l’animal, puisque nous avons aussi perdu la capacité à vivre sans argent, sans médecin, sans prison et sans police.

Développer l’autonomie humaine est donc un pari sur l’avenir. Un arbuste que l’on plante, afin d’en récolter bientôt les fruits. On nous a volé notre autonomie intellectuelle, et nous ne savons plus penser par nous-mêmes, nous en avons perdu l’habitude et la manière de faire. Pour penser par nous-mêmes, il nous faut faire des expériences, essayer des choses, afin de comprendre la réalité de notre environnement, afin de découvrir par nous-même, de fabriquer notre propre science; une science au service des humains et non aux services des monopoles industriels.

Cette science naît de l’observation du vivant. Le vivant est notre environnement naturel : plantes, animaux, ciel, planètes. Notre environnement naturel n’est pas constitué de béton, d’usine, de métro et de building. En nous séparant de la nature, nous avons perdu sa compréhension. Nous ne sommes capables de raisonner que sur la matière morte et technologique : ordinateur, usine, plastique, bitume. Nous avons cru que ce projet technologique allait rendre l’homme heureux, alors qu’il l’a simplement rendu dépendant et prisonnier de la technologie et des capitaines d’industrie, mais en aucun cas heureux. Pour retrouver notre indépendance, il nous faut sortir de la matrice et nous coltiner avec la réalité de notre environnement naturel. « Cette plante a-t-elle besoin de beaucoup de soleil ? » est une question beaucoup plus fondamentale que « ce système d’exploitation informatique sera-t-il plus performant ? »

Qu’est-ce qu’un système d’exploitation informatique ? Le nom le dit clairement : un système pour exploiter, un système de racket des clients tous les trois ans en les obligeant à renouveler leurs ordinateurs pour pouvoir communiquer avec d’autres humains. Ceci n’a rien à voir avec le souhait de l’humanité de se libérer, afin d’évoluer vers une vie plus libre et plus riche. Ceci n’a rien à voir avec le progrès humain, mais avec le progrès technologique. Mais alors la question se pose : qu’est-ce que le progrès humain ? Ne jamais, ou presque, connaître la maladie, serait sans doute un progrès immense pour l’humanité. Cela voudrait dire ne rien dépenser pour sa santé, c’est-à-dire ne pas dépenser sa précieuse sueur pour faire face à la maladie. Un humain en bonne santé, sans médecins, comme le fait l’animal depuis des millénaires est un animal qui s’est reconnecté au vivant, à son environnement naturel, afin de mieux comprendre son extrême simplicité et en même temps l’impossibilité de pouvoir comprendre réellement ses mystères.

Car le vivant nous dépasse, nous sommes incapables de le mettre en boîte pour en reproduire l’exacte réalité. Le vivant est constitué de visible et d’invisible, et nous avons oublié que cette partie invisible nous dépasse totalement.

Un scientifique honnête est un scientifique humble, car son intelligence lui permet seulement de comprendre quelques réalités physiques. Mais la plupart des scientifiques officiels ne sont en aucun cas des gens humbles, mais des perroquets bien payés pour répéter ce que souhaitent nos dirigeants. Un scientifique qui recherche les moyens de libérer l’humanité n’a bien sûr, on s’en doute, aucune chance de faire une quelconque carrière.

C’est pourquoi cet ouvrage réédité par les Éditions Progress est un ouvrage qui permet l’autonomie agricole, grâce à la question centrale du fumier. On ne disait pas autrefois pour rien : « riche comme son tas de fumier. »

Extraits du livre :

« Les sols trop argileux, trop calcaires, trop siliceux et trop marécageux ne conviennent pas à la culture. Le plus habile de vous autres ne gagnerait pas, à les cultiver, de l’eau à boire. Terre trop argileuse n’est bonne qu’à fabriquer des pots, des briques, des tuiles, qu’à servir de terre à foulon et à faire des aires de grange. Terre trop calcaire n’est bonne qu’à rendre un pays triste et nu, comme l’est, en France, la Champagne pouilleuse, et, en Belgique, certaines crêtes des montagnes de la Famenne. Terre trop siliceuse n’est bonne qu’à sabler les allées ou à aveugler les gens, quand soufflent les rafales. Terre trop marécageuse n’est bonne qu’à fournir de la tourbe pour chauffer les pauvres gens, donner des cendres pour engrais et occasionner des maladies.

Ce n’est que mariées les unes avec les autres, calcaire avec argile, argile avec calcaire, silice avec terreau, terreau avec silice ; ce n’est qu’en ôtant de l’eau d’où il y en a trop, en amenant de l’eau où il n’y en a pas assez, qu’on obtient des sols cultivables et de bon rapport.

Tantôt, c’est l’argile qui domine ; tantôt, c’est le calcaire ; tantôt, c’est la silice. Voilà ce qui varie la qualité de nos terres ici comme partout. Aux bons vins et aux bons fruits, les sols où le calcaire domine ; aux bons froments, les sols où l’argile a le dessus ; aux bons colzas et, aux bonnes navettes, aux belles racines et aux belles avoines, les sols où la silice ne manque pas.

Un sol riche pour un vigneron est souvent pauvre pour un fermier ; un sol riche pour un fermier est souvent pauvre pour un vigneron. Essayez donc de faire pousser de superbes céréales où poussent les délicieux raisins de Chambertin, de Corton, du Clos de Vougeot, de Beaune, de Pommard et de Volnay, et vous m’en donnerez des nouvelles. Ce sont les variétés de terrains qui font les variétés de produits. Tel qui ne convient pas à certaine plante convient merveilleusement à certaine autre. À mon avis, il n’y a véritablement de sol pauvre que celui qui n’a pas de profondeur. Rivière profonde porte bateau, terre profonde porte récoltes.

À présent que nous avons dit des sols ce que nous avions à en dire, parlons, si vous le voulez bien, de ce qui est dessous, à savoir des sous-sols.

Ne vous fiez pas aux apparences, elles sont quelquefois trompeuses. N’achetez pas une maison qui vous paraît belle et solide, sans savoir ce que valent les fondations. N’achetez pas non plus une terre qui paye de mine et paraît bonne en dessus, sans savoir approchant ce que vaut le dessous. Le sous-sol est comme qui dirait le lit sur lequel est couchée la terre labourable. Tantôt c’est un lit d’argile, tantôt de rochers, tantôt de petits cailloux, ou bien encore de sable siliceux mouvant, ou de sable calcaire dur comme la pierre ou facile à entamer, ou bien, enfin, c’est un lit de marne calcaire. Un sous-sol d’argile convient beaucoup à une terre sèche et brûlante, parce que, ne laissant point passer facilement l’eau qui lui arrive, il communique de sa fraîcheur aux racines des végétaux. Mais si ces racines tendent à pivoter à une grande profondeur, le sous-sol en question les arrête dans leur croissance, et les végétaux languissent et meurent. Les poiriers, la luzerne et la vigne, par exemple, ne s’accommodent pas d’un sous-sol argileux, parce qu’il est trop résistant, trop humide et qu’il manque d’air. C’est afin de lui en donner, qu’on recommande de le remuer profondément avec les charrues-taupes ou fouilleuses.

Les sous-sols de rochers, de cailloux et de sable dur gênent aussi beaucoup la croissance des racines pivotantes. Ils ont l’inconvénient d’appartenir à des terrains brûlants, pour la plupart, et de ne point garder l’eau des pluies. Une pente de rien, une déchirure, un trou, une fente, et l’eau s’en va, et l’eau s’y jette pour descendre je ne sais où. Cependant, dans les terres légères des climats humides, les sous-sols pierreux ont des avantages marqués. Ils forment un drainage naturel qui assainit et aère le terrain.

Un sous-sol de sable divisé ne retient pas l’eau non plus. Ce sous-sol est par conséquent plus avantageux aux terrains argileux qu’aux terrains calcaires. Avec des inondations d’eau boueuse qui dépose du limon, on peut espérer de donner de la consistance à ce sous-sol. Oui ; mais cela n’est pas toujours faisable.

Enfin, un sous-sol de marne calcaire, c’est-à-dire un sous-sol formé d’un peu d’argile et de beaucoup de calcaire, est une véritable fortune pour les cultivateurs de terrains argileux et siliceux. Je vous dirai plus tard pourquoi.

Il y a des signes auxquels on reconnaît l’existence d’un sous-sol de marne calcaire. C’est, par exemple, quand il pousse dans les champs du yèble et des ronces traînantes. Vous connaissez les ronces, bien sûr, mais vous ne connaissez peut-être pas ce que l’on nomme yèble. C’est ce sureau des champs qui donne des fleurs blanches et des fruits noirs, comme le sureau de nos jardins et de nos haies.

Depuis longtemps, le yèble passe pour indiquer une bonne nature de terre, et, à ce sujet, il faut, mes amis, que je vous redise un conte vieux comme les rues et qui ne me semble pas avoir été inventé pour rien. »

Pour acheter le livre :
“Les Champs et les Prés”

Auteur : Pierre Joigneaux
Éditeur : Éditions Progress
Nombre de pages : 160
Première édition : 1888
Date de la présente édition : 10/06/2014
Sujet : agriculture, permaculture

jeudi 18 avril 2013

“Guérir par l'Alimentation” (2010)



Interview du docteur Alain Triaire, auteur de “La Micronutrition Dans Votre Assiette” aux éditions Delville.

samedi 5 février 2011

“Les Aventures de la Vache Rouge” de Julien Roux (2011)



Publication de mon cinquième ouvrage : “Les Aventures de la Vache rouge”.

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