Julien Roux

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mardi 6 octobre 2015

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dimanche 8 mars 2015

La Méthode Mézières expliquée par Françoise Mézières





Françoise Mézières (1909-1991), kinésithérapeute, a révolutionné dans les années d’après guerre le métier de kiné, en constatant, dès 1947, que tous les dogmes que l’on lui avait enseignés lors de sa formation étaient en majorité faux. C’est un livre d’une de ses élèves, Thérèse Bertherat, “Le Corps a ses raisons” (1976), qui la rendra célèbre dans les années 70, période révolutionnaire où il était possible de remettre en question certains dogmes et croyances fausses. François Mézières a malheureusement peu publié d’ouvrages et surtout ils sont désormais tous introuvables. Le livre de Thérèse Bertherat, qui est lui encore disponible, permet d’obtenir une première approche de qualité sur les fondamentaux de la méthode Mézières.

Heureusement, nous avons en stock un ouvrage, difficile à trouver, de Françoise Mézières : “Originalité de la méthode Mézières” (1984). Nous vous proposons un petit extrait de cet ouvrage assez technique :

“Classer ma méthode parmi les méthodes « douces » ou « globales » est une absurdité. Ma méthode n’est pas douce. Si ma technique n’est pas brutale, elle n’en est pas moins pénible au début de son application, elle peut provoquer de très vives réactions, ce qui demande une grande compétence de la part du praticien. Ma méthode n’est pas globale parce qu’elle ne vise pas à exercer tout et n’importe quel muscle. Mais, elle vise à réaliser la tension intégrale des chaînes. Si pour beaucoup, le mot « global » exprime la totalité du soma et de la psyché, ma méthode qui ne s’adresse qu’au physique, n’est pas globale.

Le psychisme s’en trouve bien parce que ce sont plus souvent les troubles somatiques qui affectent le psychisme que l’inverse. Je n’ai rencontré que trois cas psycho-somatiques dans toute ma carrière. Par ailleurs, la kinésithérapie ne s’adresse qu’au physique, et je me garde de me mêler d’autres disciplines, mes compétences n’étant pas universelles.

Ma méthode n’a rien de commun avec le yoga ou toute autre méthode. Si ma technique met tout le corps en tension, c’est parce qu’il n’est d’autres moyens d’allonger les chaînes musculaires, ce qui la différencie de toutes les autres méthodes, et en particulier du yoga, dont les exercices sont libres et forts lordosants, à commencer par la position du lotus, dont le propos n’est nullement la correction des dimorphismes.

Le yoga est seulement un exercice religieux, complémentaire des prières, méditations et jeûnes, pratiqués dans un parfait ascétisme. En faire une gymnastique démontre l’impossibilité pour les Occidentaux d’assimiler la mentalité extrême orientale. On ne peut pas, par une seule et même technique, gagner le ciel et remédier à ses dimorphismes. À la différence de toutes les autres méthodes, ma méthode ne s’adresse qu’à l’élasticité musculaire.”