Julien Roux

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mardi 8 mars 2016

L’Art contemporain vu par Franck Lepage

mardi 13 septembre 2011

Virginie Roux-Cassé : des mots pour peindre

Des mots pour Peindre / 2 from Didier Feldmann.


Réalisation : Didier Feldmann
Musique : Julien Roux

mardi 1 février 2011

“Le Mystère Picasso” de Henri-Georges Clouzot (1955)



mercredi 19 janvier 2011

Sandrine Peyroux et Serge Reggiani (2011)



Petit film des peintures de Sandrine Peyroux (sandrinepx@gmail.com), artiste peintre, sur une musique de Serge Reggiani, “L'Hôtel des rendez-moi ça” (1967).

lundi 13 septembre 2010

“La Vie secrète de Salvador Dali” de Salvador Dali (1941) Gallimard (2002)



En 1941, Dali publie à New York, “La Vie secrète de Salvador Dali”, livre autobiographique où il raconte sa vie folle de sa naissance à l’âge de 37 ans (Dali est né en 1904). Ce livre magnifique pourrait choquer aujourd’hui certains bien-pensants, car Dali est UN individu, un monstre génial à la fois enfantin, poétique, égocentrique, prétentieux, maniaque, poète, espagnol, visionnaire, excessif. Une telle personnalité ne pourrait plus exister aujourd’hui, car elle aurait été rapidement détruite par l’école, la télévision, la société de masse, la bien-pensance, la machine et le collectivisme totalitaire. C’est un livre qu’on peut facilement lire plusieurs fois, tant il apporte à la fois des réponses à certaines questions d’aujourd’hui sur l’homme, la culture, l’art, le temps, la mort, l’amour, tout étant une invitation à la folie, la poésie, l’alternatif, la provocation, le grandiose et le divin.

Extraits :

L’Europe de l’après-guerre s’apprête à crever des « ismes » et de leur anarchie, du manque de rigueur en politique, en esthétique, en morale. L’Europe crève de scepticisme, d’arbitraire, de veulerie, de l’informe, du manque de synthèse et de Foi. Parce qu’elle avait mordu au fruit défendu de la spécialisation, elle croyait tout savoir et se fiait à la paresse de tout ce qui est « collectif ». Nos excréments sont ce que nous avons mangé. L’Europe avait mangé des ismes et des révolutions. Ses excréments auraient la couleur de la guerre et l’odeur de la mort. Elle oubliait que le bonheur est chose individuelle et subjective et que sa misérable civilisation, sous prétexte d’abolir les contraintes de toutes sortes, se rendait la propre esclave de sa liberté. Karl Marx avait écrit : « la religion est l’opium du peuple. » Mais l’histoire allait vite démontrer que le matérialisme en serait le poison de haine le plus concentré, dont les peuples finiraient par mourir, étouffés dans les métros sordides, puants et bombardés de la vie moderne.

Gala (ndlr : sa femme) me poussait à m’intéresser à un voyage en Italie. L’architecture de la Renaissance, avec Palladio et Bramante, me paraissait chaque jour ce que l’esprit humain avait réussi de plus parfait et de plus imprévu dans le domaine esthétique. J’avais envie de voir et de toucher ces réalisations concrètes de l’intelligence. Gala avait également fait commencer la construction d’un second étage à notre maison de Port Lligat, trouvant là un autre moyen de m’intéresser au monde extérieur, de me distraire de mes angoisses et de me redonner foi en moi-même.

C’est impossible, disais-je, d’apprendre de nouveau comme les anciens. Tous les vestiges de la technique ont disparu. Je n’ai même plus le temps d’apprendre à dessiner comme on dessinait autrefois. Jamais je n’atteindrai la technique d’un Bœcklin.

Mais Gala, inlassable, me démontrait par mille raisonnements inspirés et brûlants de certitude, que je pouvais devenir un autre que le « surréaliste le plus célèbre » que j’étais. Nous nous consumions à admirer les reproductions des œuvres de Raphaël. Là se retrouvait tout, mais à un degré de synthèse si total que cela échappait à nos contemporains. La myopie analytique de l’après-guerre décomposait toute « œuvre classique », faisant, au détriment du reste, un but en soi de chaque élément analysé.

La guerre avait transformé les hommes en sauvages. Leur sensibilité déclinait. On ne voyait plus que ce qui était agrandi ou désaxé. Après la découverte de la dynamite, tout ce qui n’explosait pas passait inaperçu. [...] Une œuvre classique utilise et englobe tout, c’est une somme hiérarchisée de toutes les valeurs. Le classicisme signifiait intégration, synthèse, cosmogonie, au lieu de morcellement, expérimentation et scepticisme.