Julien Roux

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mercredi 23 décembre 2020

“La psychologie de masse du fascisme” est un livre d'actualité


Adolf et la Masse

En 1933, Wilhelm Reich écrivit “La psychologie de masse du fascisme” décrivant comment un peintre raté pouvait emmener tout un peuple dans la guerre, la destruction et le totalitarisme, grâce à l’esprit grégaire, l’esprit du troupeau qui veut idolâtrer un chef, afin de pouvoir en finir avec sa conscience, grâce à l’obéissance des humains soumis, qui veulent pouvoir manger et vivre comme des petits-bourgeois. Comment en finir avec la douleur d’avoir à réfléchir, d’avoir à choisir ? Il suffit que quelqu’un décide pour nous.

« Les réponses embarrassées des représentants de l’église déchaînèrent des tempêtes de rire, lorsque j’entrepris de mettre en évidence le rôle que joue dans l’église et dans la science le refus de la fonction de plaisir dans le cadre de la société autoritaire, et d’expliquer que la répression des satisfactions sexuelles était destinée à créer une mentalité d’humilié et d’abdication générale aussi dans le domaine économique, je mis toute la salle de mon côté (discours de Wilhem Reich lors d’un meeting du parti communiste et des représentants de l’église). »

Le refus de la fonction du plaisir se retrouve dans notre société du spectacle. Ce n’est pas parce que la sexualité est officiellement libre, qu’elle existe, qu’elle est vivante, riche et épanouie Le plaisir est soit refoulé, soit canalisé. Car le plaisir n’a pas sa place dans une société matérialiste, dont l’objectif est d’être utile et de produire, pas de prendre du plaisir. Prendre du plaisir n’augmente pas la production de béton, cela est donc inutile. Le plaisir de la vitesse est donc interdit, comme le plaisir du tabac, de l’alcool, de la drogue, des maisons closes, du silence, du vide, de la conversation. Le jeu vidéo de guerre est un substitut sexuel pour adolescents et jeunes adultes. Le joueur secoue sa manette (son sexe) pour envoyer des balles (spermatozoïdes) sur ces ennemis et les tuer, afin d’avoir le plaisir de la victoire, la jouissance du sadisme de la destruction de l’autre, à défaut de plaisir sexuel. De la même façon, l’enfant joue aux cow-boys avec son pistolet afin d’avoir un substitut à l’inexistence de sa sexualité.

Le spectateur de compétition de football, sport promu par nos amis Anglais pendant le siècle de l’industrie (xixe), afin de diviser la population en petits groupes opposés, est un homme couché dans un canapé qui vit un substitut à son absence de plaisir, en regardant des gens aux corps parfaits et en pleine forme jouer avec un ballon. « Je ne suis pas contre le pouvoir qui m’écrase, je suis contre l’équipe avec des chemises jaunes, ou bleues. » Je me divertis, je me divise…

Le type ou la femme dans son divan regarde l’équipe de 11 joueurs de la tragédie qui doivent déplacer la balle (la graine) avec leurs pieds (leur sexe de substitution) pour essayer de la mettre dans le sexe femelle du camp adverse : la cage des buts. Le nombre de buts est assez limité, mais l’orgasme arrive lorsque le but est enfin marqué, que le sexe a pu pénétrer le sexe adverse. La soumission passe par la sodomie de l’autre, comme chez les gorilles où le mâle dominant peut sodomiser les dominés. Un spectacle de football est donc un spectacle de soumission, afin d’habituer le public à la soumission, de lui-même et des autres, à sa sodomie par des plus forts que lui.

« En travaillant les masses, le révolutionnaire oublie parfois dans la pratique le but final de ses efforts qui n’est pas le travail, mais le jeu et la vie sexuelle sous toutes leurs formes, depuis l’orgasme, jusqu’aux performances les plus sublimes de l’esprit. Le travail est et demeure la base de l’existence, mais dans la société libre, l’homme y consacre moins de temps pour le confier de plus en plus à la machine. C’est la quintessence de la rationalisation du travail. »

L’un des buts de l’homme devrait être effectivement de travailler peu et de profiter le reste du temps des plaisirs de la vie : marcher, discuter, lire, faire l’amour, apprendre, manger, admirer, etc. Mais, l’automatisation de la production n’a pas permis ce processus de développement des hautes valeurs humaines : la liberté, la discrétion, la légèreté, l’élévation, la douceur, la tolérance, la curiosité, la créativité. L’automatisation de la production a permis d’augmenter la part des bénéfices destinée aux actionnaires et d’augmenter les besoins, artificiels, des humains en produits de substitution affective, mentale, psychologique : la consommation. Néanmoins, Wilhem Reich se contredit un peu, sans bien le réaliser, de par son manque de recul sur la technologie. La radio et l’autoroute n’étaient que le début de la société entièrement technologique du xxie siècle. Si la machine génère la société hitlérienne de la masse, pourquoi l’homme devrait confier son avenir à la machine ? Ou alors ce serait des machines qu’il fabriquerait lui-même, afin de ne pas générer de camps d’esclavage (usines). Victor Klemperer fit la même erreur dans son ouvrage “Mes soldats de papier” et “Je veux témoigner jusqu’au bout”. Dans ce témoignage d’un Juif durant la période nazie allemande, Victor Klemperer apparaît comme fasciné par l’évolution technologique et le développement de la radio et de la voiture. Il ne fait pas le lien entre la machine et la société de masse d’un Hitler criant sur les ondes de la radio allemande, parce que l’homme est fasciné par les machines, cette capacité de l’homme à pouvoir créer des outils, des choses nouvelles, afin de mieux vivre. L’homme a toujours inventé des outils qui lui permettent de vivre mieux, comme le feu, le marteau, la hache, le couteau, la peinture, la poterie. Mais, lorsqu’il crée des outils qui peuvent être exploités par le pouvoir à son encontre, il fait totalement fausse route. Qu’est-ce qu’une radio ou une télévision ? Un moyen d’imposer à la masse de la propagande, des idées, de manière industrielle.

« Il n’existe pas dans le règne animal de guerre à l’intérieur de la même espèce. La guerre entre congénères est comme le sadisme une acquisition de l’homme civilisé. […] Les masses humaines ce sont par suite de déformations sociales et pédagogiques à travers les âges, biologiquement engourdies et elles ont perdu l’aptitude à la liberté ; elles sont incapables d’instaurer la coexistence pacifique. […] Les dictateurs ont sans exception fondé leur pouvoir sur l’irresponsabilité sociale des masses. Ils en ont sciemment tiré profit et n’ont jamais songé à s’en cacher. Il est ridicule de prétendre qu’un psychopathe (Adolf Hitler) ait pu tout seul violer soixante-dix millions d’Allemands. »

Le sadisme est une invention humaine qui est due à notre religion de la souffrance, de la faute, du péché. L’humain baignant dans la souffrance dès sa plus jeune enfance est attiré par ce plaisir contre-nature de voir l’autre souffrir. La déchéance de l’autre, son humiliation joue un effet miroir qui permet au sadique de jouir lorsqu’un autre est humilié à sa place. L’excellent film de Pier Paolo Pasolini “Salò ou les 120 journées de Sodome” montre bien jusqu’à quel point le sadisme peut se déchaîner dans la torture de l’autre, la jouissance de la souffrance de l’autre. Le film de Louis Malle, “Lacombe Lucien” (1974), présente le processus sur lequel s’appuie le nazisme (l’ordre étatique) pour recruter de nouveaux membres. Lucien Lacombe est, en effet, un adolescent déçu de la vie, ayant un travail peu prestigieux. Il voit que sa mère trompe son père, parti à la guerre et que la résistance refuse de l’engager. Il a nul espoir. Son intégration dans la police allemande (les collaborateurs) lui permettra d’obtenir argent, pouvoir et prestige. C’est la revanche de la classe populaire, traînée jusque-là dans la boue, elle peut enfin accéder à une forme de vengeance sur les riches, les puissants. Quand le pouvoir politique offre à un bossu ou à un borgne la possibilité de briller dans la société et de pouvoir conquérir les belles femmes, jusque-là inaccessibles, quoi de plus tentant que de dire oui, même s’il faut accepter de collaborer et d’avoir du mal à se regarder dans une glace. Lorsque toute sa vie on a été un minable sur qui on crachait (pauvre ou laid ou complexé) c’est exaltant de pouvoir, enfin, être quelqu’un. Être respecté grâce au pouvoir magique de l’argent. L’humiliation de l’autre sera une vengeance sur toutes ces années qu’on a subies à endurer les sarcasmes et les moqueries. Pour cela, il suffit que le pouvoir nous indique les boucs émissaires sur lesquels on a le droit légal de se défouler : juifs, francs-maçons, noirs, musulmans, étrangers, fumeurs, drogués, alcooliques, chauffard, blancs.

C’est pourquoi, les victimes d’aujourd’hui seront les bourreaux de demain. Pour qu’une dictature puisse s’installer, il faut toujours des collaborateurs, afin de pouvoir asseoir la puissance de la nouvelle dictature. C’est pourquoi, le pouvoir cherche toujours à créer des ennemis imaginaires, afin qu’ils puissent se battre entre eux, et non contre le pouvoir dictatorial.

« L’homme est au fond un animal. À la différence de l’homme, les animaux ne sont pas des robots, ne sont pas sadiques, leurs sociétés (à l’intérieur de la même espèce) sont infiniment plus pacifiques que celles des hommes. La question fondamentale qui se pose est la suivante : Qu’est-ce qui a poussé l’homme à dégénérer en robot ? […] La civilisation mécanicienne n’a pas seulement amélioré l’existence animale de l’homme, elle était investie, en outre, d’une fonction subjective infiniment plus importante mais irrationnelle : elle devait faire croire à l’homme qu’il n’était pas un animal, qu’il se distingue essentiellement de l’animal. »

« La machine donne, par contrecoup à l’homme une idée mécaniste, automatique, inanimée, rigide de son organisation interne. […] Les nourrissons doivent prendre toutes les trois heures tant de grammes de lait et dormir tant d’heures. La nourriture doit comporter X grammes de lipides, Y grammes de protéines, Z grammes d’hydrates de carbone. […] Les enfants X heures de mathématique, Y heures de chimie, Z heures de zoologie, tous de la même manière, tous doivent absorber la même quantité de savoir. »

« L’homme devrait être heureux de vivre sans sadisme, sans perversions, sans bassesse, comme n’importe quel animal, fourmi ou éléphant. L’homme a été assez vaniteux pour s’imaginer que la terre est le centre du monde, la seule planète habitée de l’univers ; tout aussi néfaste est sa philosophie selon laquelle l’animal serait un être sans âme et sans morale, parfois même immorale. »

Nous rapprocher de la condition de l’animal devrait être l’un de nos premiers buts. Car, effectivement, dans la vie animale la perversion n’existe pas. Les animaux n’ont pas besoin de justice, d’école, de police, de prison, d’hôpitaux psychiatriques, de camps de concentration ou de chars d’assaut. En voulant sortir de la condition animale, s’élever au-dessus de la boue, l’homme n’a réussi qu’à devenir beaucoup plus bas qu’un animal. Un animal-esclave dépendant de la religion, de l’État, des lois, de l’argent, de la télévision. Il a progressivement remplacé les plaisirs de l’animal (manger, boire, faire l’amour, dormir, toucher, explorer, admirer) par des substituts payants et anti-naturels (film, jeux vidéo, ordinateur). En développant la puissance des machines et de la technologie il ne s’est pas sorti de la boue, il a sorti de la fange ses dirigeants qui peuvent le contrôler par le biais des machines : radars, péage, GPS, Internet. La société mécanicienne est la suite logique de la société religieuse, les deux partages le refus de voir l’homme-animal au centre. Dans les deux cas, par la recherche du bonheur en dehors de la vie (machine pour l’époque moderne et paradis pour la religion). Nos conceptions sont, donc, profondément erronées, si nous souhaitons voir se développer une civilisation humaine, qui vive en harmonie avec la nature et ses congénères.

« La démocratie du travail est un état de fait qui jusqu’ici a échappé au regard de l’homme. La démocratie du travail ne peut être organisée, pas plus d’ailleurs que la liberté. Il est impossible d’organiser la croissance d’un arbre, d’un animal, ou d’un homme. Elle est autorégulatrice et n’a pas besoin de lois ou de règlements. Une fois de plus tout ce qu’on peut faire c’est gêner son évolution ou en abuser. […] Ce qu’il faut conquérir c’est la suppression de toutes les entraves à la liberté. »

Ce combat-là est très loin d’être gagné, lorsqu’on constate dans quel état d’infantilisation sont les humains. Le gilet jaune, les radars automatiques, le permis à point. Même s’ils se mentent à eux-mêmes, afin de ne pas voir leur état d’esclaves, il est tout de même assez sidérant de voir avec quelle facilité n’importe quel décret est accepté, sans aucun bronchement de la société. Pire, lorsque la société permet encore un tout petit peu de choix, en matière de médecine par exemple, l’individu s’interdit tout esprit critique vis-à-vis de la médecine officielle. Si vous téléportez un individu du xxie siècle en 1945, il sera très étonné de voir qu’il peut aller dans des maisons closes, que les assurances ne sont pas obligatoires, que la ceinture de sécurité n’existe pas, que le casque n’est pas obligatoire, que l’opium et le cannabis peuvent être consommés librement, que « fumer tue » n’existe pas, etc. La suppression progressive des libertés déclenche un appauvrissement des façons de vivre possibles, donc un appauvrissement des points de vue, un appauvrissement de la pensée, de l’intelligence. La pensée unique, la société de masse enferme l’ensemble de la population dans le même moule. Tous doivent adopter la bien-pensance promue par la propagande : propre, efficace, vacciné, décontracté, écologique, citoyen, amateur de spectacle, informé, anti-réactionnaire, antiraciste, Américain.

« Un médecin qui veut ouvrir un cabinet doit fournir la preuve de ses connaissances pratiques et théoriques. Un politicien qui entend décider de la destinée de millions d’êtres humains (en quoi il se distingue du médecin qui n’aura jamais que quelques centaines de patients) n’est soumis à aucune épreuve dans notre société. […] Tout au long de l’histoire de la société humaine, c’est toujours la discipline autoritaire de l’état qui a étranglé la société, la sainteté obligatoire de la famille qui a étranglé l’amour entre homme, femme et enfants, la morale imposée qui a étranglé l’honnêteté jaillissant de la joie de vivre naturelle, le politicien qui a étranglé ceux qui travaillent. »

Nous confions notre sort à des aventuriers politiques soucieux du bien-être de leur personne et de la satisfaction de leurs amis industriels et banquiers. Nous sommes nous-mêmes des psychopathes de pouvoir penser que c’est ainsi que le monde sera meilleur… Il nous faudra, soit supprimer tout pouvoir politique, soit mettre en place d’énormes contre-pouvoirs qui feront que les hommes politiques soient au service des humains, au service du peuple (démos : le peuple en grec). Dans notre système actuel, nous avons le droit de choisir tous les cinq ans entre le dictateur X ou le dictateur Y. Ne pas choisir reviendrait, quasiment, au même et les supposés contre-pouvoirs sont totalement inféodés au pouvoir (judiciaire, législatif, médiatique).

« La suppression de la politique et celle de l’État qui en découle étaient précisément le but des fondateurs de la politique socialiste, but oublié par les politiciens. Je sais qu’il est pénible d’entendre de tels rappels. »

Si nous voulons, si nous désirons une libération économique et politique, il nous faudra passer par une révolution sexuelle, une libération sexuelle. Reich avait raison et c’est logique, puisqu’il a vu que la libération sexuelle des années 30 en Allemagne, a été rapidement effacée par l’arrivée du nazisme au pouvoir. À la différence de Freud qui rattache la violence, le sadisme, le masochisme à la pulsion de mort, Reich le rattache à la pulsion de vie, la pulsion sexuelle. Si l’instinct sexuel n’est pas satisfait, la pulsion destructrice augmente. Nous ne vivrions pas dans une religion de la guerre, si nous étions libérés sexuellement. La crise pétrolière a permis d’arrêter la libération sexuelle des années 70 en Occident et la fable du virus sida de finaliser la destruction de la sexualité libre.

L’arme sexuelle est une arme redoutable qui permet à nos fermiers d’orienter la société dans le sens souhaité. Pour faire des guerres, il faut des moutons énervés, qui sont en colère car leur énergie sexuelle est bloquée. Mais cette énergie doit sortir, alors au lieu d’être sexuelle, elle devient le contraire : violente. Pourquoi les animaux ne connaissent-ils pas le sadisme, le masochisme, la guerre ? Parce que leur sexualité n’est pas organisée par des gouvernants, des fermiers, ils n’ont donc pas de raison de devenir déviants, contre-nature, violent.

Reich était un rousseauiste, comme lui, il pensait que ce n’est pas l’homme qui est mauvais, mais que la société le transforme en une chose mauvaise. Rousseau est l’un des rares intellectuels français qui viennent de la rue, presque l’un des seuls. La majorité des auteurs français étaient des bourgeois, comme Voltaire qui pensait que le peuple était trop ignorant pour se diriger lui-même et qu’une assemblée d’élus était préférable comme mode de gouvernement. Les intellectuels ne viennent que très rarement du peuple, car, comment écrire quand déjà on doit gagner de quoi se nourrir ? Comment écrire quand on doit s’occuper des courses, du bain, de l’école, des impôts, de la télévision et du reste ? Alors, comme les intellectuels ne sont que des bourgeois, ils ne parlent jamais de la difficulté d’être pauvre. De savoir que demain, on peut venir vous voler vos meubles parce que vous n’avez pas payé le terme. Un loyer que vous n’avez pas payé, car vous étiez malade ou avez été licencié. Vous avez, alors, la sensation d’un joug qui vous dit tu dois travailler, car sinon comment survivre, et pourtant vous n’avez qu’une envie c’est d’aller courir dans les champs et rigoler, sentir la vie dans tout votre être…

Quand tous vos amis et vous-même êtes licenciés parce que l’entreprise a décidé de s’expatrier ailleurs, là où c’est moins cher que dans votre village, qu’est-ce qu’il vous reste ? Vous savez que le gouvernement n’a fait que vous enculer toute votre vie. Alors, il faudra trouver quelqu’un d’autre sur qui projeter cette violence. Le blanc, le noir, le jaune, l’ennemi.

En 1931, Reich créé l’Association pour une politique sexuelle prolétarienne : Sexpol. En Allemagne, quatre-vingts associations regroupent, à l’époque, 350 000 membres, afin de faire de la prévention et de l’information sexuelle. Reich tente de coordonner ces associations. La plateforme Sexpol propose un programme d’action et de réforme sexuelle radicalisé, intégré à un combat économique et politique anticapitaliste et antifasciste.

« Les jeunes gens et les adolescents n’ont pas seulement droit à la connaissance sexuelle, mais ils ont aussi le droit, et pleinement droit, à une vie sexuelle satisfaisante. De ces droits, ils ont été privés… Ils doivent donc prendre leur cause en main. Quant à nous, nous sommes décidés à les convaincre qu’un droit ne se mendie pas mais se conquiert » écrit Reich. Mais le Parti communiste n’apprécie pas le mouvement Sexpol dont le succès menace la ligne politique. Freud met en garde Reich mais refuse l’association de la psychanalyse à la lutte révolutionnaire. Surtout, les nazis font de Reich et de ses écrits une cible privilégiée.

Il observe la structure sociale mais aussi la structure caractérielle et psychologique à l’origine du fascisme. « La répression de la sexualité naturelle de l’enfant, et surtout de la sexualité génitale, le rend anxieux, timide, craintif devant l’autorité, obéissant, gentil et bien élevé au sens bourgeois ; elle paralyse les forces de révolte en l’homme, parce que toute pulsion agressive est chargée d’angoisse, elle entraîne par l’inhibition de la curiosité sexuelle, une inhibition générale de la pensée et de l’esprit critique » analyse Reich.

La résignation des femmes s’explique par le refoulement de la révolte sexuelle. Les garçons s’identifient aux idées de puissance, d’honneur et de pureté de la race. L’idéologie nazie manipule les désirs sexuels réprimés. L’idéologie communisme tente également d’utiliser les pulsions humaines, afin de susciter une ferveur populaire autour du Parti. Reich dénonce la dérive autoritaire de la dictature du prolétariat et l’imposture du communisme d’État.

Il dénonce les bureaucrates et les politiciens qui prétendent représenter le peuple mais qui en sont très éloignés. Les politiciens sont attirés par le pouvoir, l’argent et la notoriété. Ils vivent pour eux-mêmes, méprisent l’amour et la nature humaine. « La responsabilité de la satisfaction des besoins humains serait l’affaire des seuls consommateurs et producteurs et ne leur serait pas imposée par une administration étatique et autoritaire, contre leur volonté et malgré leurs protestations » explique Reich. Les chefs, les patrons, les bureaucrates, la hiérarchie, l’État, le pouvoir et les contraintes doivent disparaître.

Extrait de mon livre : "Journal d'un Chercheur"

lundi 30 novembre 2015

“Faire l'amour de manière divine” de Barry Long (1998) éditions Pocket

samedi 14 novembre 2015

“Les Filles de noce” de Alain Corbin (1978) éditions Flammarion

dimanche 12 avril 2015

“Écoute ton corps” de Lise Bourbeau (1987) Éditions E.T.C.



Lise Bourbeau, est l'auteur de 24 livres traduits dans le monde entier dont le « best-seller » “Écoute ton corps”, un livre très intéressant sur la santé, la joie de vivre, les relations avec soi-même et les autres. Nous vous livrons quelques extraits de cet ouvrage qui mérite d'être connu.

Extraits :

"Aimer c'est accepter les désirs des autres, même si on ne comprend pas ou même si on n'est pas d'accord."

[...]

"Combien de fois l'enfant fait le contraire de ses besoins, dans le but de défier ses parents ! Que de parents se plaignent d'avoir raté leur vie ! Pourquoi ? Parce que leurs enfants n'ont pas fait d'études ou sont devenus voleurs et sont allés en prison ou encore se droguent. Ces parents ont toutes les raisons du monde d'être malheureux; ils prennent la responsabilité des décisions et des choix de quelqu'un d'autre. C'est vraiment aller à l'encontre des grandes lois naturelles"

[...]

"Je suis le seul responsable de ma vie et en conséquence je laisse mes proches être aussi responsables de leur vie. Aimer c'est respecter l'espace de l'autre personne. À chaque fois que l'on tente de diriger une personne, de changer ou de contrôler ses actions, paroles et pensée, on entre dans son espace. Lorsque tu te retrouves dans l'espace de l'autre, tu perds le tien et l'autre le sien. L'espace des deux étant emmêlé, chacun vit étouffé par l'autre."

[...]

"Si on essayait de faire pousser cinq ou six arbres au même endroit, dans le même espace, cela n'irait pas. C'est la même chose pour l'être humain. L'espace vitale est très très important. Certaines personnes ont besoin de plus d'espace que d'autres, comme par exemple une personne autonome, forte de caractère."

[...]

"Accepter c'est constater que la chose est là. Tandis qu'être d'accord, c'est avoir la même opinion. Aimer vraiment, c'est être capable d'accepter, même si l'accord n'y est pas. C'est ce qui est le plus difficile pour l'être humain. C'est toujours l'orgueil qui nous empêche de voir de cette façon."

[...]

"Donner l'espace aux autres, c'est les respecter dans leur choix de vie. Les respecter dans leur façon d'être."

[...]

"Les attentes aboutissent souvent à la déception."

[...]

"Comment aimer avec son cœur : « Chérie, j'ai envie de te faire plaisir, qu'est-ce qui te rendrait heureuse ?"

[...]

"Arrêter de vouloir changer les autres, arrêter de vouloir se changer, c'est ce que l'on appelle lâcher prise. Quand tu auras tout lâché, la transformation commencera. Tu verras par toi-même que l'amour fait des miracles. Plus tu pratiques l'amour, plus tu fais de petites victoires, plus cela devient facile. N'oublie pas que lorsque tu juges et que tu critiques quelqu'un, cela sous-entend que tu es Dieu et que l'autre ne l'est pas. Chaque personne, même le plus grand criminel, est née pour aimer et être aimé. Dans la vie il n'y a pas de méchants, il n'y a que des souffrants."

[...]

"Fais-toi plaisir, fais ce qui te rendrait vraiment heureux. Trouve maintenant une autre personne et demande-lui : qu'est-ce qui te rendrait heureux ?"

Pour lire la suite : Lecture

dimanche 7 décembre 2014

“Histoire de la Répression Sexuelle” de Jos van Ussel (1970) Robert Laffont



Extraits de “Histoire de la Répression Sexuelle” de Jos van Ussel (1970).