Julien Roux

Mot-clé - totalitarisme

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mardi 8 mars 2016

L’Art contemporain vu par Franck Lepage

lundi 5 octobre 2015

“C'est pour ton Bien” de Alice Miller (1980) Aubier (1985)




Alice Miller, docteur suisse en philosophie, psychologie, psychanalyste et chercheuse sur l'enfance a publié de nombreux ouvrages très intéressants, dont l'un des plus connus est : "C’est pour ton Bien” (paru en 1985 pour l'édition française). Ses analyses des sources de la violence humaine dans la société moderne sont assez proches de celles de Wilhelm Reich, bien que le caractère sexuel soit, pour elle, plus anecdotique, car son approche est centrée sur la psychologie des enfants et moins sur l'ensemble des soumissions et violences qu'imposent la société industrielle aux humains. "L'opinion publique est loin d'avoir pris conscience que ce qui arrivait à l'enfant dans les premières années de sa vie se répercutait inévitablement sur l'ensemble de la société, et que la psychose, la drogue et la criminalité étaient des expressions codées des expériences de la petite enfance. Ma tâche est de sensibiliser cette opinion aux souffrances de la petite enfance, en m'efforçant d'atteindre chez le lecteur adulte l'enfant qu'il a été." Alice Miller

mercredi 14 janvier 2015

“Vive le Tabac” de William T. Whitby (1982)




Après 50 ans de propagande contre le tabac, il est difficile d'aborder ce sujet, car les croyances à ce sujet sont profondes et anciennes. Pourtant, celui qui s'intéresse à la vérité, à la réalité des choses, devrait se demander pourquoi une plante de la nature vendue en Europe depuis quatre siècles, à la suite de la colonisation de l'Amérique du Nord, est depuis quelques années diabolisée, au point d'être le responsable de toutes les maladies :
- cancer
- trouble cardiovasculaire
- problème dentaire
- allergie
- asthme
- bronchite chronique
- conjonctivite allergique
- problèmes ORL
- peau ridée, etc.

D'ailleurs la propagande n'a pas hésité à faire de grandes campagnes anti-tabac, comme celle-ci :



Cette image est assez comique, car si on faisait l'analyse d'une salade d'épinards, on obtiendrait sensiblement les mêmes données, car la majorité de ces substances proviennent de la pollution atmosphérique et de l'agriculture industrielle. Il serait donc facile de réaliser une affiche : « Autopsie d'une meurtrière » qui montrerait une salade d'épinards et toutes les saloperies qu'elle contient, ce qui ruinerait les producteurs de salades d'épinards... En réalité ces déchets chimiques sont en quantité infinitésimale, aussi bien dans le tabac que dans la salade d'épinards (qui elle contient beaucoup plus de polonium 210 à cause de la taille de ses feuilles). Ce sont donc les fabricants de chimie qui accusent une plante de la nature de contenir des produits chimiques (et nucléaires) dangereux pour la santé. C'est pourquoi, ces mêmes fabricants de chimie pourront demain accuser la salade d'épinards d'être une meurtrière. Sauf que les fabricants de poisons chimiques sont les responsables de ces traces chimiques...

L'autre paradoxe c'est que la fortune de nombreuses familles américaines qui ont génocidé les peuples amérindiens a été bâtie sur la culture du tabac, par des esclaves africains en l'exportant vers l'Europe, qui appréciait les bienfaits de cette plante, inconnue jusqu'alors sur le « vieux continent ». Les retournements de l'histoire sont parfois étranges... Un autre paradoxe est l'appellation « industriels du tabac ». En effet, on appelle, en général, industriel celui qui vend une matière transformée. Or les industriels du tabac ne font que vendre une plante qui pousse dans la nature... C'est un peu comme si on traitait les vendeurs d'épinards, d'industriels des épinards... Mais, le mot industriel a son importance, car il permet au public de faire l'association entre magouilles des industriels, en général, et producteurs de tabac. Cela dit, chez les vendeurs de tabac, certains n'hésitent pas à ajouter des produits chimiques (les additifs) afin de rendre plus accros les amateurs de cette plante. Mais, il existe aussi des vendeurs de tabac qui propose cette plante sans additifs et même cultivée de manière biologique (sans produits chimiques).

L'argument principal qui a permis d'interdire la consommation de tabac presque partout et de multiplier, par les taxes, son prix par dix en moins de vingt ans, est que le tabac serait la principale cause de l'explosion des cancers dans les pays occidentaux. Comme on le voit sur la première image de ce texte (évolution en France de la consommation de tabac et évolution du nombre de décès par cancer des poumons chez les hommes), l'explosion des cancers des poumons dans les pays industrialisés n'a que très peu de rapport avec la consommation de tabac. En effet, nous avons une augmentation de 10 000 % des morts du cancer des poumons (on passe de 1 000 morts annuels à 100 000 morts annuels), alors qu'en parallèle la consommation de tabac est plutôt en baisse. Mais alors, pourquoi faire porter le chapeau à l'herbe à Nicot ?



Le 10 octobre 1957, la centrale nucléaire anglaise Windscale est victime d'un très grave incendie qui va irradier toute l'Angleterre, puis l'Europe. Les autorités anglaises décident d'étouffer l'affaire et ses conséquences, afin de ne pas effrayer les populations au sujet de l'industrie nucléaire naissante. Mais, rapidement les autorités anglaises se retrouvent avec un problème de santé majeure. Les cancers des poumons explosent en Angleterre. Car le moyen le plus rapide de déclencher un cancer chez un humain est le nucléaire. En effet, le cancer est une solution, temporaire, que le corps utilise afin de faire face à une agression, à un stress. Le corps se met à créer des cellules beaucoup plus performantes, des sortes de super celulles afin de faire face à ce stress. Le nucléaire déclenche donc des cancers en masse chez l'humain, car le corps humain n'est pas conçu pour recevoir des particules dont la radioactivité n'a rien à voir avec ce que l'on trouve habituellement sur la Terre. Le réflexe du corps est donc de sauver sa peau (survie) en créant des super cellules qui vont essayer d'éliminer cet intrus dont le potentiel électrique est totalement inconnu du corps.



Voyant cette explosion des cancers, les autorités anglaises décident de trouver un autre coupable qui pourra masquer le fait que leur centrale nucléaire a déclenché un incident sanitaire majeur, qui pourrait remettre en question l'industrie nucléaire et imposer au gouvernement de payer des indemnités aux milliers de morts qu'il a provoqués.



Un accord est signé en 1959 entre l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et l'AIEA (Agence Internationale de l'Énergie Atomique). Cet accord stipule que pour tout ce qui concerne le nucléaire et ses conséquences sur la santé des humains, l'OMS doit faire appel à l'AIEA pour publier des données à ce sujet (on pourra consulter cet accord : ici). Il en résulte une diminution drastique des conséquences officielles du nucléaire (incidents nucléaires, essais nucléaires) sur la santé des humains. Selon l'OMS le nucléaire n'est responsable que de moins d'un million de morts depuis 1945, alors qu'une étude indépendante sur ce sujet, de 2003, en trouve 60 millions (pour consulter un résumé de l'étude : ici.



Mais, cet accord ne suffit pas, car il faut trouver en Angleterre (et en Europe) un responsable de cette explosion des cancers, notamment, des poumons. Pour ce faire, un scientifique, Richard Doll, est engagé, afin d'étudier chez les médecins anglais si le tabac avait un lien avec le cancer du poumon. Celui-ci publie en 1967 une étude statistique qui montre que les médecins fumeurs ont plus de chance d'avoir un cancer des poumons que les médecins non-fumeurs. On apprit 40 ans plus tard, dans le journal anglais “The Guardian” que Richard Doll avait été financé par Monsanto pour étudier les conséquences en matière de cancer de l'agent Orange sur la santé et qu'il n'avait trouvé aucun lien entre ce produit chimique et le cancer. Le même journal nous apprit que Richard Doll avait aussi été financé par l'Association des producteurs chimiques, ainsi que des groupes américains, comme Dow Chemical (fabricant d'amiante), General Motors (pour une étude prouvant que le plomb de l'essence était sans danger) et le britannique Imperial Chemical Industries (produits chimiques). Pour consulter l'article du “Guardian”



Cette diabolisation du tabac par nos dirigeants a plusieurs conséquences intéressantes pour eux. Elle permet de masquer ce qui crée réellement des maladies en masse (nucléaire, champs électromagnétiques, mercure des amalgames et des vaccins, chimie des produits pharmaceutiques et de l'alimentation industrielle, pollution industrielle en général). Il suffit pour cela de payer grassement des « experts », afin de prouver que le nucléaire, l'électricité, la chimie, le mercure (vaccin, plombage) sont presque sans danger. Les populations seront donc incapables de se retourner contre les vrais pollueurs et d'obtenir une compensation de l'empoissonnement subi. Cette diabolisation permet aussi aux États de toucher des sommes astronomiques en taxe sur cette plante. Elle permet de diaboliser le calumet de la paix des Amérindiens, ce qui sur le plan symbolique est intéressant, alors que la guerre économique et sociale fait rage au sein de tous les pays occidentaux. Elle permet en plus de diviser les populations et d'exclure les divergeants (les fumeurs qui prennent plaisir avec une plante et pas avec un iPhone). Cette diabolisation permet aussi de détruire les bistrots, qui étaient l'un des rares lieux de rencontres sociales où les populations pouvaient discuter, notamment, de la misère que leur imposent leurs dirigeants (argent et liberté) et, peut-être, tenter de se révolter.



Mais, revenons à l'ouvrage de William T. Whitby, “Vive le Tabac”, afin de consulter des extraits de cet ouvrage très intéressant sur la plante qui nous vient des Amérindiens. En 1982, William T. Whitby, docteur australien écrivit "Vive le tabac", livre où il présentait un certain nombre de données scientifiques contre la propagande anti-tabac qui existait déjà à l’époque depuis de nombreuses années. La seule remarque que nous ferons sur ce livre est que le tabac consomme de la vitamine C chez l’humain qui est l’un des seuls mammifères avec le cochon d’Inde à ne pas synthétiser sa propre vitamine C. Il est donc fortement recommandé au fumeur de prendre de la vitamine C pour compenser cette perte (au moins un gramme par jour, voir cinq à dix grammes par jour pour les plus prudents).

Pour lire la suite : “Vive le Tabac”

mardi 6 janvier 2015

La Violence, le Corps, et l'Esprit par Julien Roux (2014)

jeudi 4 décembre 2014

“Le Fermier et les 1000 Cochons” par Julien Roux (2014)



mercredi 19 novembre 2014

“Pour en Finir avec Pasteur” de Éric Ancelet (1998) Marco Pietteur



Le docteur Éric Ancelet a rédigé, en 1998, un ouvrage passionnant sur les vaccins et la médecine en général, dont nous vous conseillons chaudement l'acquisition. "Pour en finir avec Pasteur" démonte, en 250 pages, plus d’un siècle de dogmes autour des vaccins et de la médecine allopathique, maintenues en place par les dirigeants religieux, scientifiques, étatiques et industriels, grâce à l'ignorance et la peur. La maladie est dans la majorité des cas le symptôme d'un conflit, un signal d'alarme que quelque chose ne va pas dans notre vie. Faire la guerre aux virus, aux microbes, aux cancers est aussi absurde que la guerre chimique qui se déroule dans notre agriculture, où les sinistres camps de concentration de l'élevage intensif des animaux.

Pour lire des extraits du livre : Extraits

dimanche 2 novembre 2014

“L'Obsolescence de l'Homme Tome II” de Günther Anders (1980) Éditions Fario (2011)



Extraits de “L'Obsolescence de l'Homme” Tome II de Günther Anders (1902-1992), publié en France par Éditions Fario en 2011.

dimanche 31 août 2014

“L’État” de Bernard Charbonneau (1950) Éditions Economica (1987)



Bernard Charbonneau (1910-1996) philosophe a connu les deux guerres mondiales du XXe siècle. Il est l'auteur de nombreux ouvrages et a été un précurseur en matière de réflexion sur les conséquences de la présence de plus en plus lourde de l'industrie sur tous les secteurs de la vie humaine. Certains estiment que c'est l'un des premiers écologistes français avec Jacques Ellul. Mais ce serait peut-être un peu réducteur de limiter la portée de sa pensée à l'écologie. Bernard Charbonneau parle de la liberté, c'est cela qui assez révolutionnaire, car la liberté n'est pas un sujet fréquemment abordé.

 Ces livres ont été peu diffusés, il eut du mal à trouver des éditeurs. Ses idées ne collaient pas vraiment avec la propagande officielle et pouvaient déranger certains industriels. Quand quelqu'un propose au peuple d'être libre, on comprend que ce n'est pas forcément ce que vont diffuser les marchands de canons qui fabriquent les journaux. S'il n'y a plus d'ennemi, comment vendre des canons ?

En 1987, est publié "L'État" aux Éditions Economica. Le livre sort, alors qu'il a été écrit en 1950. Il aura donc fallu attendre 37 ans à l'auteur, pour voir cette ouvrage publié. Ce qui est assez étonnant c'est de constater que son livre, qui date de 1950, n'a pas pris une ride.

Pour lire des extraits du livre : Extraits

dimanche 29 juin 2014

"Français si vous saviez" de Georges Bernanos (1948) Gallimard (1961)



Georges Bernanos est sans doute l'un des plus grands auteurs du 20e siècle, non par sa production de romans, mais pour son travail d'essayiste. En 1944, il publie “La France contre les robots” qui analyse les raisons des deux guerres mondiales qui viennent de dévaster l'Europe. La principale raison de ce désastre détruisant deux générations successives fut, selon Georges Bernanos, la mécanisation de l'homme, sa transformation en complet robot. En 1961, Gallimard publiera “Français, si vous saviez” une série d'article de Bernanos publiés dans la presse de 1945 à 1948, aussi intéressants que l'ouvrage majeur de Bernanos “La France contre les robots”.

Extraits :

“Le modeste, mais ferme jugement qu’il m’arrive souvent de poser sur la France actuelle a certainement de quoi irriter les amis simplistes auxquels la thèse des deux France - une à droite une à gauche - paraît beaucoup plus rassurante et plus commode. Je ne nie pas qu’il y ait, électoralement parlant, une France de gauche et une France de droite, et j’admets volontiers que cette division, bien que sans signification réelle, puisse être encore la cause prochaine de grands maux. Mais elle ne saurait servir à rien.

Tout le monde comprend parfaitement que si, le pacte germano-russe s’étant transformé en alliance militaire pure et simple, le hasard de la guerre avait fait de l’armée russe l’armée d’occupation, remplacé la Gestapo par la Guépéou, les martyrs ne seraient pas aujourd’hui du même côté. Emmanuel d’Astier disait l’autre jour, une fois de plus, que la Résistance avait eu le cœur à gauche. Dans ces conditions, elle l’aurait eu à droite, voilà tout. Je crois d’ailleurs que ce fait n’a pas l’importance que la polémique pourrait lui prêter. Il n’y a pas deux France, au sens exact du mot, pour la raison qu’il n’y a plus une France de droite, une doctrine de droite, une conception, si j’ose dire, « droitière » de l’Histoire. Historiquement, politiquement, la France de droite n’existe plus. À l’opposé des extrémistes de gauche, il y a les modérés de gauche, et quand ces derniers passent eux aussi pour extrémistes, c’est qu’ils sont « extrêmement modérés ». Modérés à l’extrême.

En somme, tout le monde marche vers la gauche, c’est-à-dire vers une socialisation totalitaire. Il y en a qui ne tiennent pas à aller vite et, de temps en temps, marquent le pas. Mais, une telle image risque de fausser l’esprit, car, tous ses gens ne se meuvent pas, ils sont mus. Il serait plus exact de dire que, si les uns vont plus rapidement que les autres, c’est qu’ils se trouvent au milieu de la rivière, là où le courant est plus rapide, tandis que les autres glissent lentement le long des berges... Le monde moderne évolue vers la servitude totalitaire aussi sûrement qu’un fleuve va vers la mer, pour la raison, très simple, qu’un monde de mécanique doit devenir lui-même une mécanique, et une mécanique si compliquée, aux engrenages si nombreux et si délicats que la présence d’un homme libre, dans cette machinerie, paraîtra tôt ou tard aussi menaçante, qu’à l’intérieur du système solaire une planète soustraite par quelque miracle aux lois de la gravitation universelle.


“La France contre les Robots” de Georges Bernanos (1944) Robert Laffont

Le monde moderne évolue vers le totalitarisme, et il traîne après lui des troupeaux d’hommes qui croient la conduire, alors qu’il les emporte. Les hommes ont fabriqué les machines, c’est entendu, ils sont donc, en un sens, les auteurs de la civilisation des machines. Mais, c’est par esprit de lucre et de spéculation qu’ils se sont mis à multiplier les machines, beaucoup plus que par la passion du confort. Car la passion du confort ne leur est nullement naturelle, comme on leur fait croire. Elle n’est entretenue en eux que par un immense effort, chaque jour plus gigantesque, de propagande et de publicité. C’est bien pourquoi, dès que se taisent un seul moment les voix innombrables qui jour et nuit, portées par les ondes, travaillent leur conscient et leur subconscient, ils ne rêvent que de camping au bord des fleuves, de nuits passées sous la tente, de forêts vierges ou de glaciers vertigineux, bleus comme le ciel. Ils ont multiplié les machines, et la multiplication des machines pose chaque jour de nouveaux problèmes plus difficiles à résoudre, dont chacun marque une étape vers le paradis exécrable où la liberté ne sera plus qu’une anomalie monstrueuse, un phénomène pathologique. Où la liberté d’un seul individu devra être considérée comme une menace redoutable pour la collectivité tout entière.

[...]

Peut-être serait-il possible d’aller encore plus profond, de découvrir par exemple, que ce qui nous a le plus dangereusement déçus n’était pas le fait brutal de notre défaite de 1940, mais que cette défaite ait eu pour nous le sens fatal, augural, d’une décadence autrement grave, autrement irréparable que la décadence militaire. La machinerie nous a pris notre terre, la machinerie nous l’a rendu, nous avons été conquis par la machinerie, libérés par la machinerie, tout se passe comme si nous étions dans le monde de la machinerie une chose inerte, un poids mort.

Si cette civilisation est valable, sommes-nous condamnés à rester ainsi à sa traîne, car aucun homme doué de bon sens ne saurait croire que notre retard puisse se rattraper, que nous serons capables de rivaliser demain avec d’énormes constructions économiques usurpant le nom de nations et auprès desquelles le Grand Reich lui-même paraîtra sans doute un jour singulièrement humain  ?



Cette idée d’avoir ainsi perdu à jamais son rôle historique de peuple-guide, de peuple-maître, est insupportable à mon pays. Je ne prétends pas qu’elle soit en lui, pour parler comme Descartes, claire et distincte, mais elle entre d’autant plus avant qu’il évite de se la formuler, elle remontera tout à coup des profondeurs, elle le poussera aux plus sanglantes expériences, et peut-être jusqu’au suicide.

Le moment est donc venu, ou jamais, de le forcer à se poser la question  : «Cette civilisation est-elle plus valable que moi  ? Est-elle seulement valable  ? D’elle ou de moi qui est condamné à périr. On dit qu’elle se rend maîtresse des forces de la nature. Mais n’est-ce pas elle, au contraire, qui trahit l’homme au profit de ces forces aveugles qu’elle déchaîne et bientôt ne contrôlera plus  ? La cause de mes déceptions et de mes humiliations au cours de ces dernières années n’est-elle pas dans le refus que je lui oppose presque sans le savoir, moi le premier. » Je sais bien que de tels propos seront mal compris maintenant. Il nous suffit qu’ils aillent au cerveau et au cœur de quelques êtres privilégiés qui ont, sans le savoir eux aussi peut-être, le mystérieux dépôt de l’Espérance française.”

1947

mercredi 22 décembre 2010

“Le Procès” de Orson Wells (1962)



Extrait de “Le Procès” (1962) de Orson Welles, d'après l'œuvre de Franz Kafka.